Note de mise en scène

Note de mise en scène

Une création théâtrale est l’occasion de voyager dans le temps et l’espace, ainsi avec cette pièce nous nous sommes envolés vers milieu des années 1920 à Moscou. Ce texte satirique fait la part belle à la caricature et à l’outrance, il n’y a guère de subtilités psychologiques. En revanche les pulsions, les désirs ou les émotions se manifestent fortement. Les personnages exercent leur volonté les uns sur les autres, or cette volonté est contrariée par celle des autres, ce qui donne une impression de réaction en chaîne dont le résultat est difficile à déterminer. Les protagonistes semblent être mus par l’extérieur, comme s’ils étaient menés par l’action et non l’inverse, un peu à la façon de marionnettes dont on tire les fils de l’extérieur. Ce manipulateur est-ce le pouvoir soviétique ? Peut-être, car tout le long de la pièce il n’est question que de communistes ou de bolchéviques, mais à aucun moment ils n’apparaissent sur scène, ce qui finit par leur donner un aspect irréel presque fabuleux : un peu à la manière de Godot qui manifeste sa présence supraterrestre par son absence.

Le rythme de la  pièce n’est qu’une accélération continue : cette pièce commence avec un tempo assez rapide et s’achève dans la frénésie.  Une des utilités de cette accélération, si elle est bien menée, est de faire passer pour évidentes et normales des actions improbables, invraisemblables et enfin complètement aberrante : procédé que l’on retrouve, par exemple, dans les pièces de Feydeau. Par conséquent des comédiens  devaient avoir une bonne condition physique. D’autant plus que le type de jeu d’acteur pour lequel nous avons opté était plutôt proche de la commedia dell’arte, avec des postures conventionnelles pour exprimer la crainte, la tristesse ou la colère. Posture conventionnelle que l’on pouvait souligner par un « arrêt sur image ».

Pour ce qui est des costumes choisis nous avons essayé d’être au plus près de la réalité historique. Le rôle des costumes se bornant à caractériser les différentes catégories sociales qui étaient en scène.

Les décors devaient permettre une circulation aisée sur scène tout en marquant les autres pièces supposées d’un appartement. De surcroît il fallait que ce décor symbolise deux foyers différents, chacun avec sa propre distribution des espaces « hors champ ». Il fallait donc un décor peu encombrant et suffisamment léger pour être manipulé sans difficulté.  En dehors de considérations scénographiques la volonté d’un décor réduit au strict nécessaire a été motivé par l’exiguïté de la scène; exiguïté qui s’est accrue suite à l’adjonction absolument et définitivement aberrante de placards de rangement sur scène.

Les changements de décors ont été l’occasion de situer de manière tout à fait explicite le contexte historique de la pièce, l’action se situant sept ans après la révolution d’octobre, soit  en 1924. Pour ce faire nous avons réalisé un petit montage vidéo à partir du film de Serguei Eisenstein « Octobre », la bande-son de cette vidéo était constituée de chants révolutionnaires soviétiques. Cette vidéo était projetée sur le décor pendant que nous le modifiions sur une chorégraphie d’inspiration réaliste socialiste.

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