Note de mise en scène

Note de mise en scène

La difficulté en prenant des sketchs était qu’ils se succèdent le plus souplement possible. Il fallait que les transitions ne se perçoivent pas. Pour y parvenir nous avons opté, dans la plupart des cas, pour des fondus enchaînés théâtraux. C’est-à-dire que la fin du précédent correspondait au début du suivant. Soit que les répliques se chevauchent, que les personnages du précédent prépare le décor du suivant ou bien encore profitant d’un monologue pour faire office d’intermède entre deux duos. Car toutes les saynètes que nous avons jouées étaient des dialogues. Le décor et les éclairages devaient aider à la liaison entre les séquences. Ainsi le décor était constitué de panneaux et de paravent offrant la possibilité de dissimuler les comédiens mais surtout pour circonscrire des espaces multiples de jeux. L’éclairage lui renforçait la frontière entre les différents espaces scéniques.

La tonalité onirique des textes permettait la constitution d’une scénographie usant de la superposition hétéroclite des éléments de décor. C’est pourquoi nous prîmes le grenier comme fondation pour la création de cet univers scénique. De plus le grenier semblait le mieux approprié à rendre le monde décalé de Roland Dubillard.

Néanmoins ce type de décor, plutôt chargé, limite la liberté de circulation des comédiens, et inévitablement amène à un jeu plutôt statique. Écueil qui s’ajoutait à celui de l’écriture de Dubillard qui joue beaucoup sur les mots. Le risque donc était de tomber dans une certaine cérébralité, où les comédiens ne seraient plus que des bouches qui diffusent un texte. Afin de contrecarrer cette tendance à une sorte « d’intellectualisme », nous avons orienté l’interprétation vers des confrontations légèrement conflictuelles entre les personnages. Ce qui permettait d’offrir une implication affective aux acteurs. Implication d’autant plus nécessaire que dans ces textes il n’y a aucune construction psychologique, donc aucune possibilité de s’identifier au personnage que l’on représente. De plus la durée d’un sketch demande une rapidité de mobilisation de l’énergie de jeu, car il faut développer en cinq à dix minutes ce que l’on fait habituellement en une demi heure ou une heure dans une pièce traditionnelle.

Enfin il nous a fallu nous fondre dans l’onirisme de l’imaginaire de Dubillard, c’est-à-dire prendre l’invraisemblable comme allant de soi.

Vers les Cornichons

 

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