Yukio Mishima

Yukio Mishima

Yukio Mishima, de son vrai nom, Kimitake Hiraoka nait à Tokyo en 1925 et meurt dans la même ville en 1970. Très tôt il est retiré à sa mère par sa grand-mère maternelle. Cette dernière d’origine aristocratique transmet au jeune enfant la fascination pour le théâtre Kabuki et la littérature classique japonaise. Il ne retrouvera sa famille que vers l’âge de 12 ans. Sa mère et lui développeront une relation très fusionnelle. Sa mère l’encouragera à lire et à écrire alors que son père, d’une rare brutalité, détruit régulièrement les livres et les écrits du jeune Kimitake. Or Mishima ne s’est jamais révolté contre ce père qui lui faisait subir des exercices physiques disproportionnés.

Il échappe à la conscription lors de la seconde guerre mondiale en se prétendant atteint de tuberculose. De ce mensonge il conservera une certaine culpabilité ainsi que le regret d’avoir manqué l’occasion d’une mort héroïque.

Affiche japonaise de la période 1942/1945

Autre contradiction fondamentale de la personnalité de Mishima : son homosexualité exhibée dans ses production artistiques et masquée dans sa vie quotidienne.

Yasunari Kawabata, le grand écrivain qui a eu l’occasion de lire quelques uns des textes du jeune Mishima, ne fera que confirmer le choix d’une vie consacrée à l’art et à la littérature.

Il entre au ministère des finances en 1947 mais bientôt en démissionne pour se consacrer exclusivement à sa vocation d’écrivain. Son premier roman , en grande partie autobiographique, révèle son talent au grand public. Dès lors, il aura une production littéraire particulièrement intense, enchaînant romans, nouvelles et pièces de théâtre.

Mishima développera dans son œuvre une fascination pour la mort. Qui, au fil de ses écrits apparaîtra, non seulement comme la possibilité de fuir un monde dépourvu d’intérêt, mais surtout l’occasion d’un geste artistique qui doit couronner sa vie. On peut considérer que son œuvre littéraire est une préparation voire un prélude à son achèvement morbide. C’est ainsi qu’après avoir posté le dernier tome de sa série , La mer de la fertilité, il se rend en compagnie d’un petit groupe au ministère des armées afin de tenter un coup d’état. Devant l’échec de sa tentative il pratique le seppuku ou hara-kiri. Cette fin, il l’avait écrite et mise en scène dans ses romans et dans des films qu’il a tourné.

La déchirure définit la personnalité et l’œuvre de Yukio Mishima :déchirure d’une enfance partagée entre une grand-mère possessive, une mère aimante et un père terriblement autoritaire, déchirure entre une homosexualité affiché mais non assumée, déchirure entre le rêve d’un Japon traditionnel et une société nippone entièrement vouée à la recherche du profit matériel.

Le martyr de Saint-Sébastien revu par Mishima
Et voici l’original de Guido Reni
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